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On est donc en présence de la première dame soliste de la musique arabo-andalouse, qu’il faut saluer et qui a adopté en le portant à sa quintessence le style d’Alger: Bien que l’eau et l’argile de nos corps aient fait tomber sur nous un doute, quelque chose de cette musique nous revient en mémoire. Verse-nous à boire en l’ absence des délateurs En cette assemblée de plaisirs près de ce bassin Alors que le soleil décline vers le couchant. L’histoire de toute musique ne serait alors que la quête ininterrompue des musiciens afin de retrouver ces mélodies célestes originelles. Ibn Zeydoun tombe amoureux de Wellada lorsqu’il commence à fréquenter son salon littéraire. Des orchestres voient le jour au sein de Radio Alger ainsi qu’un enseignement au conservatoire. Désormais il devient naturel de se laisser entraîner ou d’être transporté par la voix de tel ou tel interprète et ceux-ci l’emportent désormais dans le plaisir de l’écoute.

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Ils s’efforcent également de professionnaliser une pratique jusqu’alors amateur, relancent la recherche musicale et proposent de nouvelles approches pédagogiques. Ils léguèrent aussi à leurs héritiers leur profond chagrin et des chants poignants de nostalgie. Musique Beihdja Rahal en concert. Dir al’uqâr yâ sâqi wa-s’qinî 9. À chaque nûba correspond un large corpus de pièces qui n’est jamais joué dans sa totalité.

Aussi est-il étonnant que cette jeune femme qui a choisi de s’établir en France en ait fait l’essentiel de sa carrière dans le monde arabe où elle se fait régulièrement applaudir dans les plus grands festivals de Tunis à Fès. Cette tradition très ancienne semble avoir été portée pendant les derniers siècles par des chanteurs masculins. C’est oublier qu’à l’époque d’Al-Andalus, c’étaient les voix féminines qui dominaient.

Le travail de Beihdja Rahal renoue donc avec une pratique très ancienne, tout en prenant acte des constantes transformations de cette musique au cours de son histoire. Beihdja Rahal est née en à Alger dans une famille où la pratique de la musique arabo-andalouse est chose courante. Elle étudie la musique avec les grands maîtres de l’époque, notamment Mohammed Khaznadji et Abderrezzak Fakhardji, apprenant le chant et le jeu de la kwîtra, le luth emblématique de l’orchestre andalou algérien.

Elle complétera sa formation au sein des associations algéroises les plus prestigieuses, El Fakhradjia et Es-Soundoussia. Ces associations se caractérisent cependant par de gros effectifs instrumentaux et choraux. L’interprétation y gagne en liberté, et donc en flexibilité et en complicité.

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Elle permet surtout npuba retour à l’hétérophonie, ce chevauchement zidae lignes mélodiques qui est un des fondements de l’esthétique musicale maghrébine. L’effectif de chambre magnifie la voix de la chanteuse, sa chaleur sensuelle dans les médium, ses aigus séraphiques, la souplesse du mélisme et l’émotion dans le vibrato.

On le verra plus loin, le répertoire des nûba zidanee, ces longues suites vocales et instrumentales classiques, est à géométrie variable.

À chaque nûba correspond un large corpus de pièces qui n’est jamais joué dans sa totalité. Au contraire, les musiciens puisent dans ce répertoire les pièces qui constitueront une version possible parmi d’autres. C’est ce qui a conduit Beihdja Rahal, après l’enregistrement d’une première intégrale des nûba algéroises, à en entreprendre ici une seconde, à partir d’autres versions de ces nûba. Certes le rôle de Ziryâb au IXe siècle comme fondateur d’un genre musical nouveau et de la première école de musique à Cordoue est indiscutable, cependant on ne peut ignorer l’apport des grandes villes du Maghreb, de Kairouan jusqu’à Fès, dans la constitution de ce patrimoine musical bien avant la fin de la Reconquista en et l’expulsion définitive des Arabes par le roi Philippe III en Les différences de styles et de répertoires entre les différentes écoles algériennes: Mais le travail de sauvegarde de cette tradition ne commence véritablement qu’avec les travaux des premiers musicologues de passage à Alger à la fin du XIXe siècle: Salvador-Daniel, Christianowitsh, Jules Rouanet.

Cette période est également marquée par l’émergence d’un mouvement ziane animé d’une volonté d’affirmation de l’identité algérienne. Aujourd’hui encore, nombre de ces associations jouent un rôle essentiel dans la pratique, la préservation, l’évolution et la transmission de ce patrimoine. Des orchestres voient le jour au sein de Radio Alger ainsi qu’un enseignement au conservatoire.

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C’est de cette époque que date véritablement la dissociation des trois écoles algériennes, et plus particulièrement celles d’Alger et de Tlemcen malgré leurs nombreux points communs. Cette homogénéisation du répertoire s’accompagne d’un zidame du cadre traditionnel café maure et autres lieux réservés vers les salles de concert, le remplacement des petites formations instrumentales par de grands orchestres, le recours au chant choral, l’introduction de nouveaux instruments européens et moyen-orientaux et la quasi relégation des instruments traditionnels au rôle de figurants.

Enfin la rigueur d’une exécution homophonique au détriment de la liberté de chaque musicien dans l’interprétation de la mélodie remet en question l’hétérophonie qui était l’un des traits inhérents à cette musique. Mais cette reconnaissance n’est pas exempte de critiques. Nombre de musiciens issus des associations tentent aujourd’hui de donner un nouvel élan à cette musique. Rompant avec le goût symphonique qui marqua le XXe siècle, ils renouent avec de petits effectifs favorisant le jeu hétérophonique et privilégient le chant solo.

Ils s’efforcent également de professionnaliser une pratique jusqu’alors amateur, relancent la recherche musicale et proposent de nouvelles approches pédagogiques. La structure de la nûba.

La nûba est une suite de pièces vocales et instrumentales. Débutant sur un rythme libre et relativement lent, elle enchaîne plusieurs pièces selon une accélération progressive du tempo. La forme théorique de la nûba comprend deux parties: La première partie débute par une ouverture instrumentale tûshiya jouée sur un rythme assez rapide, suivie de trois phases vocales et instrumentales allant du lent au moins lent: La tûshiya est une ouverture instrumentale dans laquelle peuvent être repris des motifs des autres pièces de la nûba sur un rythme à 2 ou 4 temps dans un tempo modéré.

Le msaddar est considéré comme la pièce maîtresse des mélodies chantées. Lent et solennel, il est joué sur un rythme à 4 temps. Il débute, comme toutes les autres pièces noubz, par une courte introduction instrumentale kursî, puis les couplets s’enchaînent, séparés par des reprises instrumentales de la mélodie vocale, les jawâb réponse.

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Le btâyhî, également introduit par un kursî, a une structure et un rythme semblables à ceux du msaddar, mais le tempo est légèrement plus rapide. Zidzne en va de même pour le darj où le tempo accélère encore et l’on y observe quelques ruptures rythmiques. Traditionnellement, la seconde partie était introduite par une tûshiyat al-insirâf instrumentale aujourd’hui abandonnée.

Seule celle de la nûba Zidans a subsisté qui est zicane jouée en début de nûba. Suivent deux phases vocales: L’insirâf sortieprécédé comme toujours d’un kursî, est une pièce de mesure ternaire dans laquelle certaines frappes sont légèrement plus courtes.

En général on en joue deux. On en joue également plusieurs. Cette mishâliya est toujours jouée dans le répertoire de Tlemcen. Dans la pratique, les musiciens sortent cependant de ce cadre conventionnel et agrémentent la nûba en y ajoutant d’autres pièces.

Celle-ci peut ainsi être précédée d’une ouverture empruntée à d’autres répertoires arabo-andalous Tlemcen, Constantine, Maroc voire plus récemment à la tradition ottomane, d’extraits instrumentaux d’istikhbâr ou, comme c’est le cas ici, par un inqilâb. L’inqilâb ou niqlâb est une pièce zidqne même facture que celles de la nûba mais elle se caractérise par sa grande diversité rythmique: On peut également intercaler des pièces du répertoire populaire dlidla, zendani entre les insirâf et faire suivre le dernier khlâs d’une qâdriya.

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Il est enfin d’usage d’insérer dans la première partie un istikhbâr dont le poème peut confirmer le thème général de la nûba ou au contraire assurer une transition thématique; cet interlude vocal improvisé et non aidane, est entrecoupé d’improvisations instrumentales.

L’istikhbâr est aussi l’occasion pour le chanteur ou la chanteuse, débarrassé e d’un cadre rythmique contraignant, de mettre en valeur ses qualités expressives au service d’un poème n’appartenant pas au zdiane canonique. Le répertoire de la nûba algéroise. Il existe actuellement à Alger quelque pièces vocales réparties entre douze nûba plus ou moins complètes.

Une nûba est dite complète si elle comporte une tûshiya et ses cinq phases vocales: Le tableau suivant donne une idée approximative de la répartition de ces pièces. Comme il est inconcevable de jouer toutes les pièces lors de l’exécution d’une nûba, il revient donc aux musiciens de faire un choix dans les corpus correspondant à chaque phase.

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En se reportant au tableau, on constate ainsi que la nûba hsîn offre au moins sept versions différentes, noubaa que la nûba Zîdân en permet deux. La question du rythme dans la nûba algéroise est assez complexe car doivent s’y conjuguer le rythme de la percussion, celui de la mélodie et celui de la prosodie, ce qui la distingue nettement du muwashshah andalou dont le rythme est imposé exclusivement par la musique. Et dans chaque cellule, une première frappe légèrement plus courte que les deux suivantes d’égales durées, créant un effet de claudication.

Le chiffrage du khlâs doit donc être le même que celui de l’insirâf. Dans les jawâb, ritournelles instrumentales qui entrecoupent nohba chant, les frappes sont doublées voire triplées.

À Alger, les différentes phases msaddar, btâyhî, etc. Si nouga reste simple et constant, les structures rythmiques sous-jacentes à la mélodie sont complexes et variées. Il en est de même pour la nûba de Tlemcen et celle de Constantine même si, contrairement à Alger, chaque phase est associée à un rythme.

C’est là un point fondamental de la zicane de la nûba algérienne.

Libérée de la contrainte des cycles rythmiques, la tradition algéroise a imaginé un nouveau concept, celui des cinq phases. Elle a ainsi regroupé les morceaux, ceux qui utilisaient des rythmes longs, en msaddar et btâyhî, et les autres en darj, insirâf et khlâs selon des critères qui restent à cerner, la classification du répertoire étant toujours un sujet d’actualité. Le répertoire poétique comprend des textes en arabe classique et d’autres écrits dans un nobua simplifié à mi-chemin de la langue classique et du dialecte populaire exclusivement syllabique.

Les formes poétiques sont les suivantes: Ces deux formes se sont développées dès le XIe siècle en Andalousie et dans tout le monde arabo-musulman. Ces poèmes, de même facture que ceux de la nûba, chantés sur les mêmes mélodies, ont fait zidaane d’une compilation: Cette segmentation est d’ailleurs assez artificielle car les cercles soufis, qui eurent un rôle important dans la préservation de cette musique, puisaient indifféremment dans ces deux répertoires poétiques, jouant de leur ambiguïté sémantique.

Le retour à la tonique du mode Résouvent évité, se réalise dans une cadence introduite par le Fa et jouba sur nouha notes du premier tétracorde. La version proposée par Beihdja Rahal est un modèle d’interprétation dans la pure tradition algéroise. Ce disque comporte les morceaux suivants: Ya rashâ fattân 2.

Djazairess : «Nouba zidane», un nouveau souffle au patrimoine andalou

Al-luzu fata h 6. Min hubbî hadh al-ghazâla 8. Dir al’uqâr yâ sâqi wa-s’qinî 9. Amâ tattaqî Allah Mamhun man alli hjarni. Princesse andalouse, femme de lettres et poétesse, organisait chez elle des salons littéraires, majaliss adab, zidand se retrouvaient, philosophes et poètes.

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Un Calife dont le règne a accéléré la chute et le morcellement du califat. Certains s’étonnaient même de cette étrange filiation. Elle, aussi belle qu’intelligente et son père, mauvais souverain.

Ibn Zeydoun tombe amoureux de Wellada lorsqu’il commence à fréquenter son salon littéraire. La poésie d’Ibn Zeydoun est fluide, claire et expressive. Et c’est pour Wellada qu’il écrit les plus beaux poèmes courtois. Le poème qui est proposé dans cette nouba zidane est un des premiers écrit par Wellada à Ibn Zeydoun. Petite gazelle au charme envoûtant, Aussi svelte qu’un rameau de saule, Aie pitié d’un amant attristé Qui subit l’épreuve de l’amour!

Ma belle aux yeux si noirs, J’erre comme un fou, brûlant de désir. Tu troubles les amants et refuses l’union. Tes joues, roses écarlates Et ton front, astre de clarté, Causent ma douleur et mon chagrin Toi qui es un signe divin.

Sois fidèle à notre serment ; Toi l’astre de ma félicité ; Ne trahis point ta promesse, Par le nom suprême de l’amour. Bourreau des coeurs, pourquoi tortures-tu le mien? Les flammes de tes yeux ont captivé Ton pauvre amant ensorcelé. Dans la dure bataille de l’amour, Je suis un guerrier vaincu.